Saga Armonie : La création de la Direction des Services de la Délinquance Organisée (DSDO).


Devenus de vrais professionnels du crime, bien organisées et moins visibles, mais pas moins dangereuses, les mafias infiltraient tous les organes des pouvoirs afin prendre le contrôle des pans d’activités les plus rémunérateurs. Grandes pourvoyeuses de traite des êtres humains, de la prostitution et de la drogue, les gangs profitaient d’un état de droit encore bien fragile dans les pays de l’Est et sapait l’autorité de l’Etat y compris en Russie. Aux Etats Unis, la mafia Albanaise arrivait à se faire craindre des gangs historiques chassant impitoyablement les siciliens, les italo-américains ou les irlandais, les américains purs souches se voyaient débordés par la cruauté de leurs compétiteurs qui s’alliaient avec les gangs « latinos » d’Amérique du Sud pour les éliminer.

Avec la complicité de la Légion Rouge, les Albanais avaient pris le contrôle de la distribution drogue en Europe et dans des quartiers comme Soho à Londres après en avoir chassé les Jamaïquains. Ils avaient chassé la Cosa Nostras de New York tout en renforçant leurs alliances avec les narcotrafiquants sud-américains ouvrant à ces derniers un boulevard vers les marchés européens. Les services du ministère de l’Intérieur français observaient que les mafias des pays de l’Est achetaient des hôtels, finançaient des programmes immobiliers et prenait le contrôle de maisons de jeu sans pouvoir faire grand-chose. On était dans un Etat de droit. Petit à petit une diaspora russe de mauvais garçons étaient en train de prendre l’ascendant sur des édiles locaux à coups de millions de dollars.

Les trafics souterrains entre l’Est et l’Ouest qui avaient engraissés les gangsters locaux étaient maintenant en main de grands pontes de la mafia travaillant à l’international. Certains des réseaux pouvaient se considérer au moins aussi riches que bon nombre de pays et même plus puissants en termes d’armements et de capacité de nuisance. Les occidentaux, les européens, ne craignaient plus la puissance russe, son armée, ses missiles, ils craignaient une pourriture bien pire : la contagion des mafias venues de l’Est.

De leur côté, les services du Ministère de l’Intérieur constataient avec dépit que les poursuites contre le blanchiment d’argent n’aboutissaient quasiment jamais dans des pays voyous ou la mafia avait ses aises. Les résultats obtenus contre le blanchiment touchaient moins des 5% des poursuites et beaucoup de magistrats trop obstinés voyaient leurs familles décimées en représailles. Peu d’affaires étaient instruites et conclues de façon satisfaisante faute de capacité à infiltrer les réseaux criminels. Par ailleurs la difficulté de faire coopérer les polices internationales de qualité très diverses, parfois poreuses et sujettes à des infiltrations facilitées par l’argent ou les menaces avaient fini par convaincre la DGSE (Direction des Services Extérieurs) qu’il fallait modifier l’approche du problème.

Le patron de la DGSE, Michel Bornardi, avait convaincu son ministre qu’il devait utiliser les techniques et les pratiques du contre-espionnage afin de pénétrer et de contrer les activités des mafias et, celles venues de l’Est, tout particulièrement. Depuis deux ans, le gouvernement français avait créé un département spécial de surveillance des mafias en le confiant aux services secrets : la Direction des Services de la Délinquance Organisée (DSDO).

La décision de créer la cellule spécialisée dans l’espionnage des mafieux et des lieux qu’ils fréquentaient tenait à une perception nouvelle par le gouvernement des puissances relatives des organisations criminelles. En 2017, un soupçon d’un financement de plusieurs milliards à l’origine douteuse venu d’Israël pour la prise de contrôle d’un opérateur télécom français avait précipité les choses. Là où une majorité de parlementaires français s’effrayaient de la menace des « fous de Dieu », les services du Ministre de l’Intérieur s’alarmaient de la menace croissante des mafias venues de l’Est. La surveillance du monde interlope de la mafia russe et ses alliés dans l’Est de l’Europe était devenue l’objectif de la cellule spéciale voulu par le nouveau président français.

Les services spéciaux avaient réalisé que les couveuses, les start-ups russes du crime était fécondé en Allemagne dans le milieu, les bars, les boites et les cabarets où se retrouvaient vendeurs d’êtres humains, d’organes, de drogues, tueurs et souteneurs mélangés. Suivre la géographie des souteneurs, celles des achats et des ventes de ces lieux dangereux faisait partie des missions de Michel Bornardi. Ce dernier était convaincu que l’on devait gratter du coté de la diaspora turque afin de comprendre l’aisance avec laquelle les mafias de l’Est évoluaient en Allemagne. C’est ainsi qu’il fit la connaissance des deux hommes qui connaissaient le mieux la question sur place, un dénommé Augustin Spinnel et Carl Dickers. Les deux hommes traquaient depuis plus de quatre ans un des chefs les plus redoutés d’un gang connu sous le nom de la Légion Rouge, dont on pensait qu’elle était d’origine russe ou géorgienne.

 

 

 

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