Foutu Bureaucratie…


Georges Clemenceau, très critique, se plaignait de l’impéritie du gouvernement français durant la guerre 14-18 en fustigeant une défaite due au fait que « la France avait une armée de fonctionnaires alors qu’elle avait besoin d’une armée de soldats ». La débâcle de l’armée française en 39/40 démontrait elle aussi l’hégémonie d’une administration militaro-politique freinant sinon empêchant toute lucidité face à l’invasion allemande, pourtant prévue par les services secrets. Qu’on se rassure … si on peut. En bloquant les avertissements des services secrets de son armée, le Politburo a empêché Staline de se préparer à l’offensive des allemands. Leur attaque surprise du 22 Juin 1941 a fait mille fois plus de dégâts que ceux subit pas les américains à Pearl Harbour.

Cette foutue hiérarchie encore aura enchainée les acteurs concernés par la guerre sanitaire qu’aura été le Covid. Partout l’on sait qu’une chaine de commandement trop longue, avec trop d’intermédiaires, de gens qui se croient indispensables, trop de normes, est condamnée à fabriquer des catastrophes. Nous sommes un des rares pays qui n’a jamais pu achever sa régionalisation et le « lâcher prise » du pouvoir central pour gagner en efficacité et en réactivité. Dans les années 90 j’avais, non sans agacement, observé qu’à Bruxelles, les Anglais cherchait l’argent là où les Français cherchaient les postes. « Ils sont des « Messieurs » avant d’être des hommes et ils entendent bien le faire savoir et comprendre, me disait une élue de province. Moi, j’ai éduqué mon fils pour qu’il soit d’abord un homme. »

Ne cherchez pas bien loin les multiples difficultés des gouvernement successifs si loin du terrain et au parisianisme peu enclin à écouter « les sans dents » ! Pourtant il est possible de décentraliser largement, d’offrir plus d’autonomie (et pas simplement celle qui consiste à refiler la patate chaude des dépenses nouvelles) et d’offrir au Français une dose de proportionnelle qui me semble indispensable pour accompagner cette décentralisation. Tous les consultants, tous les chefs d’entreprises sérieux, savent le soin qu’il convient d’apporter à leurs structures de commandement, de gestion et de développement. Pas l’Etat Français. La crise sanitaire actuelle vient encore de démontrer que le grand machin administratif qu’est notre système de santé est tout aussi obsolète que celui de notre armée dans les années 14-18. L’Etatisme, ses normes, ses excès de précautions, son poids bureaucratique, est une maladie qui handicape maintenant l’Europe des fonctionnaires et, l’aurait-on oublié, qui a été un des raisons majeures du Brexit voulu par les Britanniques.

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