Russie : Libérateurs ou nouveaux maîtres


Russes : Libérateurs pour les uns, nouveaux maîtres pour les autres. Mais à quel prix ! Plus de 11 militions de morts. Des morts – vite enterrés – qui auront servi à la gloire des nouveaux maîtres du Kremlin peu soucieux du bien-être du peuple qui devient – comme dans bien des pays – l’enjeu des pouvoirs en place, trompés et manipulés au gré des manœuvres politiques.

Heureux de souffler un peu après des années de batailles et des millions de morts, les États-Unis, la Grande Bretagne et de la France et leurs alliés ont laissé Staline, opportuniste, profiter de la situation pour bâtir un empire basé les restes de la révolution bolchevick que pas grand monde ne souhaitait. Yalta n’était qu’une bouffonnerie. Sous la houlette des troupes soviétiques, les appareils politiques, en Pologne, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, En Yougoslavie, en Bulgarie, en Albanie, en Romanie, en Finlande, en Serbie, dans les Etats Baltes, l’Allemagne de l’Est, ont tous à des degrés divers subit l’hiver communiste. Tout opposant était taxée d’être un « ennemi de l’intérieur », balayée, emprisonnée, bâillonnée par tous les moyens, faux complots, fausses accusations, justice aux ordres. De la Baltique à l’Adriatique un glacis de « pays frères slaves » s’est constitué après la seconde guerre mondiale à partir de l’ancien royaume de Kiev, d’où sont originaires les Russes occidentaux[1]. Ce glacis s’est progressivement effondré depuis Eltsine et Gorbatchev, laissant à vif les épidermes des nationalistes russes qui, comme du temps des tsar, se sentent cernés, encerclés par des peuples hostiles qui semblent ne pas vouloir les accepter, ni les comprendre. La Russie d’aujourd’hui joue une fois de plus un mauvais scénario, aidée en cela, c’est vrai par la désastreuse politique des américains et du suivisme des européens. La Russie n’attaquera pas les européens… les russes veulent vivre mieux.

Pour Jonas Raveszac, parrain de la Légion Rouge, (voir Tome I : La pianiste de la Légion Rouge) les européens au lieu de tenter d’aider le peuple russe à se débarrasser des dictateurs rouges, ont négocié servilement avec des dirigeants cruels et sans scrupules, peureux de les voir franchir leurs frontières.  Ils ont poussé un ouf de soulagement hypocrite lorsqu’un jour de 1961, ces mêmes dictateurs ont édifié un mur qui emprisonnaient les peuples de l’Est. Jamais ils n’ont tendu leur main pour les aider au contraire, pour mieux justifier leur lâcheté, ils ont décidé que les peuples de Russie étaient des ennemis. Posture qui arrangeait bien les américains ravis de voir les voisins de l’Ouest suivre les injonctions de l’OTAN. Le français De Gaulle avait bien raison de se méfier des politiques américains. Partout où ils passent, en Amérique du Sud (Nicaragua, Chili, Argentine, Panama, Honduras, ), en Asie (Japon, Viêt-Nam, Corée, Pakistan, Afghanistan), Afrique ( Rwanda, Afrique du sud, ou encore au Moyen Orient ( Liban, Israël, Syrie, …) ; et j’en oublie, ils ne laissent que misère et désolation.

Pour beaucoup de russes et de ressortissants des nations issues de l’ancien empire soviétique, l’OTAN n’est jamais que l’organe de la dominance militaire des États-Unis sur l’Europe. Il ne fallait pas être un grand stratège pour comprendre que la communication de l’Otan tend à faire peur aux pays européens en vue de renforcer une alliance euro-américaine contre Poutine et les Russes. La montée d’une hostilité officielle entre la Russie et l’OTAN n’a pas à être acceptée par l’Union Européenne curieusement bien fragile face aux pressions venues de Washington. Cela fait des décennies que les gouvernements de l’Union savent que la Russie n’est toujours pas une démocratie, que ses peuples vivent majoritairement en dessous du seuil de pauvreté en comparaison des ressortissants de l’Europe de l’Ouest. Mais que peuvent les russes contre Poutine et que ferait les allemands ou les français s’ils vivaient sous le même régime !?

L’Otan dans sa paranoïa de surveillance des activités dans les pays de l’Est n’a jamais cessé de manipuler les responsables des anciens territoires de l’URSS. Certes l’empire soviétique a réussi imparfaitement sa décolonisation mais pour Jonas Raveszac comme pour son parrain Malto Gümüs cela ne justifie pas la poussée des américains sur des pays comme l’Ukraine, la Géorgie, en menant progressivement, insidieusement, un encerclement inadmissible de la Russie. Voilà leurs gouvernants surpris à jouer les vierges effarouchées lorsque les Russes entendent faire valoir leur droit sur des territoires faisant historiquement partie de zone d’influence. Pour l’instant, malgré les promesses de la Commission Européenne, on y entend plutôt le bruit des armes que celui des dollars qui enrichirait un pays abandonné à lui-même. Seuls y survivent bien les réseaux de maffieux qui, comme celui de la Légion Rouge, apportent protection et moyens de gagner sa vie. Pour les deux hommes, Il sera toujours temps de revenir moraliste lorsque les peuples commenceront à avoir le ventre plein !

[1] Je recommande la lecture de l’ouvrage d’Hélène Carrère d’Encausse, « Le grand frère » pour avoir une vue historique plutôt que propagandiste de l’histoire de la Russie et de l’Europe des soviets.

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