Le Troc pour blanchir ses dollars


Le Troc pour blanchir ses dollars

Le blocus occidental et la récession qui en découlait fait perdre des dizaines de milliards de dollars aux oligarques russes mais surtout à la classe moyenne qui tentait de créer des activités de services quasi inconnus à la fin des années de plomb communiste. Afin de compenser les pertes fiscales consécutives à l’embargo et aux faibles succès des voitures fabriqués en Russie, Moscou avait décidé d’augmenter très fortement les taxes sur les véhicules importés. Une augmentation si importante qu’elle gelait quasiment leur importation, ce qui mettait au chômage des dizaines de milliers de personnes intéressées à la maintenance, l’entretien et la préparation de ces véhicules de qualité appréciés de la classe moyenne.

Dans un climat de tel climat de récession, la société russe s’est remise à ce qu’elle savait faire le mieux, une débrouille généralisée. Faute de se voir verser leurs salaires, de payer leurs factures les russes devenaient les champions de l’échange des marchandises et des services. Parfois d’ailleurs avec des produits ou des équipements qui ne leur appartenaient pas, ce qui entretenait encore plus le pillage des ressources du pays. Les commerçants payaient leurs employés par des marchandises prises dans leurs magasins, les industriels échangeaient des surgelés contre des moteurs de motoculteurs. Surgelés qui leurs étaient payés cash par un importateur allemand de la grande distribution. Des centaines d’officines s’ouvraient sur tout le territoire afin de répondre à la demande de clients qui venaient déposer des annonces.

L’internet russe était devenu le réseau de trocs et de compensation le plus actif de la planète. Du pain bénit pour le réseau de la mafia russe, la Légion Rouge, qui accompagnait les transactions grâce à son système informatique en suivant toutes les étapes d’un ensemble de compensations qui pouvait mobiliser de cinq à dix maillons. Si le troc représentait moins de 5% des échanges commerciaux, ils concernaient quelques 55% du chiffre d’affaires dans le secteur industriel. Il traduisait sans doute une méfiance envers la monnaie officielle, mais surtout il était considéré comme l’outil idéal de l’évasion fiscale. Les poursuites contre le blanchiment d’argent n’aboutissaient quasiment jamais en passant par des pays voyous ou la mafia avait ses aises. Les résultats obtenus contre le blanchiment touchent moins des 5% des poursuites et beaucoup de magistrats trop obstinés avaient vu leurs familles décimées en représailles. La Légion Rouge avec son siège au Japon pouvait cacher derrière d’apparentes et inoffensives opérations de « bartering » multilatérales des opérations y compris en Grèce où l’économie du troc inter-entreprises explosait en même temps que le blanchiment des immenses sommes de dollars qui lui venaient par leurs amis latinos, trafiquants en drogue tous rayons.

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