Le gouvernement kosovar et le crime organisé


L’histoire est unique mais aussi incroyable. Celle d’un mafieux Kosovar qui va réussir à utiliser la faiblesse et l’incompétence des européens pour se bâtir un pays indépendant à sa mesure : le Kosovo. Pour cela une organisation criminelle d’origine albanaise se faisant appeler le « Front de libération du Kosovo » (UCK) se mit au service de l’OTAN qui s’accommoda de recruter et de voir des voyous faire le travail à leur place puis devenir suffisamment puissante pour s’auto proclamer « Etat-Indépendant » au détriment de ses voisins[1]. L’un de ces personnages clés, bien connu en Suisse, est Hashim Thaçi, surnommé le Serpent, président du Parti démocratique du Kosovo. À en croire les Services de renseignement allemands, il contrôle une partie importante des activités criminelles du Kosovo. « Thaçi passe pour être, avec Haliti, un des commanditaires du tueur professionnel Afrimi », vraisemblablement responsable d’au moins 11 meurtres commandités.

Les rapports secrets des services de renseignement laissent supposer que le Kosovo, malgré l’administration de l’ONU et la troupe internationale de stabilisation, est une des plaques tournantes criminelles les plus importantes d’Europe. Une des raisons en est que le trafic de drogue est très lucratif : une grande partie de la récolte d’opium croissante d’Afghanistan arrive sur le marché d’Europe occidentale sous forme d’héroïne via l’Albanie et le Kosovo. Selon Klaus Schmidt, chef de la Mission d’assistance de la Communauté européenne à la police albanaise (Pameca), chaque jour, 500 à 700 kilos passent par l’Albanie et le Kosovo et sont en partie transformés dans leurs laboratoires. Chaque jour, un million d’euros d’argent de la drogue est échangé sur le marché gris de la capitale albanaise de Tirana. Selon les spécialistes, il s’agit là du « plus important cartel de la drogue au monde » qui soit apparu au cours des dernières années.

Selon le rapport des Services de renseignement allemands, même les débordements de mars 2004, qui ont conduit le Kosovo au bord d’une nouvelle guerre civile, ont été fomentés par des criminels qui voulaient pouvoir continuer à se livrer en toute quiétude à leurs trafics : « Au début d’avril 2004, on savait par les milieux chargés de la sécurité dans les Balkans que les récents troubles du Kosovo avaient été préparés et commis à la demande de la criminalité organisée. Pendant les émeutes, des camions entiers d’héroïne et de cocaïne ont passé la frontière non contrôlée parce que les policiers de l’ONU et les soldats de la Kfor étaient entièrement occupés à circonscrire les émeutes. Ce fait est confirmé par les policiers de l’ONU basés à Pristina qui ont souhaité garder l’anonymat pour leur sécurité. Ils se plaignent que l’on n’ait rien fait jusqu’ici contre les criminels.

L’ONU et la Kfor n’ont pas résolu le problème, même pas en partie. La police onusienne manque notamment de moyens. « Nous allons au combat avec des épées de bois », se plaint un officier de police onusien de haut rang. Et surtout, elle manque de soutien politique pour agir efficacement contre les clans mafieux. Selon les Services de renseignement allemands, « ni les milieux gouvernementaux régionaux ni l’exécutif n’ont intérêt à lutter contre la criminalité organisée parce qu’ils y sont impliqués ». Et un chef de la police onusienne chargée de la lutte contre la criminalité organisée a déclaré à la Weltwoche : « Des personnalités renommées, y compris l’ancien Premier ministre, sont à l’origine des troubles de mars qui ont été préparés par une structure criminelle connue. De nombreux services le savent et pourtant on ne fait rien contre cette structure. » Voici son explication : « On ne veut pas déclencher de nouveaux troubles et ce serait le cas si on menait une enquête criminelle à l’encontre de Ramush Haradinaj. Une conséquence de cette retenue est qu’en Europe occidentale, et particulièrement en Suisse, en Allemagne et en Italie, les clans albano-kosovars constituent un pouvoir criminel dominant. Les services de renseignement allemands y voient « un grand danger pour l’Europe ». Au Kosovo, de nombreux postes de police de l’ONU sont remis aux services de police du Kosovo, mais les anciens cadres sont toujours là, qu’on soupçonne d’entretenir des liens très étroits, souvent familiaux, avec des chefs connus de la mafia.

Les documents cités reposent bien à l’abri dans les coffres des chancelleries. Jürgen Roth Réseau Voltaire | Zurich (Suisse) | 8 avril 2008

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Voir aussi : « Le Kosovo, paradis des mafias » article publié au journal Tribune de Genève, Genève, Suisse, le 09 avril 2008.

[1] https://www.lapresse.ca/international/europe/201012/15/01-4352504-scandale-politico-mafieux-au-kosovo.php

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