Allons-nous, à cause de Poutine, perdre la Russie et les russes ?


Les tueurs du KGB sous leur nouveau nom continue à faire le ménage chez les opposants de Poutine. Ce dernier vient de sceller le sort de l’ex agent russe Sergueï Skripal, empoisonné en mars 2018 à Londres, en le traitant de salaud pour avoir collaboré avec les services secrets occidentaux. L’assassinat de ce dissident n’est jamais qu’un – un de plus – des « traitres » qui ont tenté de se mettre à l’abri du courroux du Kremlin, sans y réussir. En cela Poutine ne fait que renforcer son rôle d’épouvantail en Europe et au-delà. Cela l’éloigne de toutes tentatives de rapprochement avec ses voisins à l’Ouest et empêche un dialogue diplomatique apaisé et constructif avec les européens. Ne reste plus qu’à constater qu’il se rapproche d’un autre dictateur, le chinois Xi Jinping qui règne lui aussi sans oppositions. Si la Russie a besoin de la Chine afin de faire prospérer ses marches à l’Est, la Chine, elle, est avide des richesses en matériaux, pétroles et autres matières premières qui lui manque cruellement. Cela peut faire une alliance commerciale objective ou une guerre des ressources comme la connue l’Urss durant la dernière guerre avec l’Allemagne avec au passage la question de savoir où seront ses alliés en cas de conflit ? Mais je n’y crois pas. Aux confrontations directes, les chinois pratiquent plutôt des stratégies longues d’étouffement progressif.

Cette Chine de plus en plus invasive pourrait donner à réfléchir aux autorités russes. Reste à voir si Moscou saura voir la menace d’une Chine qui refuse l’ouverture à la démocratie et reste sur une vision militaire de ses choix politiques, économiques et territoriaux (je pense bien sûr à ce qui se passe en mer de Chine actuellement et le discours sur la « route de la soie »). Monsieur Poutine devrait se rappeler que si les russes ont une belle réputation en matière de jeu d’échecs, de tactique, les chinois, eux l’ont en matière de jeu de go, d’encerclement mais aussi que Xi Jinping, président à vie, est désormais maître des horloges.

Coté Russie blanche, à l’Ouest, c’est de matière grise qu’à cruellement besoin la Russie moderne. Là encore, une alliance d’intérêts bien compris pourrait vivre si la confiance pouvait être rétablit entre Poutine et les pays européens. La diplomatie européenne, comme les français, n’était pas loin de considérer la Russie, délitée par les soubresauts de la période Eltsine, comme une puissance négligeable. Erreur psychologique. Poutine se bat en héros soviétique pour redonner sa fierté à une nation humiliée sur le plan politique, économique et diplomatique. Ses voisins peureux ou impuissants doivent désormais s’adapter à sa vision agressive de sa diplomatie. Mais bien des problèmes auraient pu être évité ou traité sans crises si les européens, toujours couchés devant les américains, avaient su lui proposer sans arrogance des pactes réalistes. Poutine fait partie du paysage des rapports de force entre l’Est et l’Ouest. Il est incontournable, il faut faire avec, d’autant que l’Europe à une chance : d’abord, la Russie occidentale a une attirance réelle pour son voisin européen et son mode de vie, ensuite Poutine n’est pas immortel.

Follow & Like:
Previous L’infiltration des Services secrets français d’après-guerre
Next Mafias et Terrorisme, les deux faces d’une même pièce

No Comment

Leave a reply