Mon pays devient un « jardin d’enfants gâtés ». Nos médias qui ne cessent de nous faire pleurnicher sur les effets de l’inflation et oubliant délibérément que nous vivons dans le pays ou l’économie sociale est la plus généreuse au monde. Un pays où les français peuvent se faire soigner sans bourse délier, ou plus des deux tiers ne paient pas d’impôts et reçoivent des aides sociales sous une forme ou une autre alors que non loin des gens crèvent de faim sous les bombes. Oui, marre du manque de tenue et de fierté de mes compatriotes, marre de cette dialectique pernicieuse qui alimente des débats sans enjeux. Marre d’une Presse aux raccourcis émotionnels en oubliant délibérément les multiples protections qui améliorent la vie des gens modestes.

Imagine un moment que tu sois né en 1900. Quand tu as 14 ans débute la Première Guerre Mondiale … Et celle-ci se termine quand tu as 18 ans avec un solde de 22 millions de morts. Peu de temps après, une pandémie mondiale, la grippe espagnole, tue 50 millions de personnes. Tu en ressors, vivant et indemne, tu as 20 ans. Puis à 29 ans, tu survis à la crise économique mondiale qui a commencé avec l’effondrement de la bourse de New York, provoquant l’inflation, le chômage et la famine. À 33 ans, les Nazis arrivent au pouvoir. Tu as 39 ans quand commence la Seconde Guerre Mondiale, et elle se termine quand tu as 45 ans. Pendant l’Holocauste, 6 millions de Juifs meurent. Il y aura plus de 60 millions de morts au total. Tu as 46 ans quand commence la guerre d’Indochine, et 54 ans quand elle se termine. Entre-temps, pour tes 52 ans, a commencé la guerre de Corée. Tu en as 56 quand débute la guerre d’Algérie, qui durera jusqu’à tes 62 ans. Quand tu as 64 ans, la guerre du Vietnam commence, et se termine quand tu as 75 ans. Un enfant, né en 1985, pense que ses grands-parents qui ont survécu à plusieurs guerres et catastrophes n’ont aucune idée de ce que, actuellement, « la vie est devenue difficile ». Un enfant, né en 1995 et aujourd’hui âgé de 26 ans, pense que c’est la fin du monde, quand son colis Amazon prend plus de trois jours à arriver ou quand il n’obtient pas plus de 15 « likes », pour sa photo, publiée sur Facebook ou Instagram.

En 2021, beaucoup d’entre nous, vivons dans le confort, avons accès à plusieurs sources de divertissement à la maison, et pouvons, grâce aux aides gouvernementales, survivre à une nouvelle pandémie.  Mais les gens se plaignent, parce que, pendant plusieurs semaines, ont dû rester confinés chez eux. Ils ont pourtant l’accès à l’électricité, au téléphone, à la nourriture, à l’eau chaude et un toit sur la tête. Rien de tout cela n’existait autrefois … Au « Pays du toujours plus », il serait peut-être temps d’être moins égoïste, d’arrêter de geindre. Nos voisins subissent bien pire. Ils nous envient et nous ne cessons de broyer du noir, de râler. Sommes-nous de sinistres crétins qui ne savent se satisfaire de rien ? Pourquoi les médias ne cessent-ils de nous tirer vers le bas, vers une sinistrose insupportable !? Pourquoi toujours les voir chouiner sur le moindre problème pour en faire une affaire d’Etat. Spécialistes des conflits picrocholins, nos médias donnent de nous, les Français, une image insupportable d’un peuple d’insatisfaits, d’une société malheureuse, piégée dans ses rancœurs alors qu’autour de nous jamais les souffrances n’ont jamais été aussi importantes. Notre égoïsme, notre nombrilisme est insupportable ! Eric Le Boucher des Echos, a raison d’écrire « qu’il semble impossible d’être optimiste en France ! [i]»

 

[i] Les Echos du 3 et 4 juin

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A propos de l'auteur

Denys

Denis Ettighoffer, est un des spécialistes français reconnus dans l’étude projective de l’impact des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Ses nombreux livres sont autant de contributions à la réflexion sur les évolutions des sociétés, des modèles économiques et organisationnels. Sa spécificité réside dans sa capacité à analyser le présent, pour en extraire les orientations économiques et sociétales stratégiques pour les décennies à venir. Le voilà lancé dans une aventure comme il les aime, être reconnu à la fois par son imagination (pas le plus dur !) mais aussi comme un bon artisan de l’écriture romancée ( et ça c’est pas gagné !)

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