De la tolérance à l’intolérable tolérance !


L’idée que le « vivre ensemble » impose d’abandonner tout sens critique devient-elle la seule finalité tolérable dans une société qui est de plus en plus intolérante ? C’est l’illustration de la fameuse phrase « Ils en ont parlé » de Caran d’Ache à propos de l’affaire Dreyfus qui divisait violemment les familles. Alors on évite les sujets de plus en plus nombreux qui fâchent dans les familles, dans l’entreprise, dans les débats publics, dans les médias.

A défaut de s’aimer, nos citoyens se doivent d’apprendre à tout « supporter ». Supporter les comportements inciviques quotidiens, supporter le désordre moral, supporter l’absence de courage, supporter l’altération des racines historiques de notre Histoire, supporter la déconstruction de la famille, supporter l’afflux de migrants avec leurs cultures non miscibles à la nôtre, « faire avec » les trafics de tous ordres qui pourrissent notre jeunesse et nos quartiers. Tout supporter même le refus du dialogue ! Ainsi il est mal vu d’affirmer son opposition à la politique d’apartheid d’Israël sauf à se faire accuser d’antisémite. Il est impossible d’affirmer que le Coran est une arme de guerre contre les autres religions sans se faire écharper. Il est impossible de parler en bien d’un élu sous peine d’être accusé de collaborationnisme. Il est impossible de pondérer le discours idéologique d’un écolo partisan d’un retour à une société paysanne et auto-suffisante. Impossible encore de critiquer un corps social exigeant des avantages indus au détriment de l’égalité entre les citoyens et plus drôle enfin : Il est pratiquement impossible d’être modéré au risque de vous faire traiter de « mou du genoux ».

Partout s’impose une nouvelle forme d’auto-censure qui laisse mijoter des détestations et des haines malsaines souvent incompréhensibles. Résultat : une société en constante ébullition, vite agressive et versatile, menée par ses émotions au détriment de l’esprit des lumières, de la raison. Un journaliste, un penseur, un chercheur qui tente de faire émerger une vérité ou une analyse en rupture avec les idées reçues, avec la Doxa du moment, est rejeté comme étranger à son corps social d’origine. Cette culture idéologique de la tolérance « bienpensante » se répand dans une société qui a peur désormais d’afficher ses convictions. « L’intolérance atteindra-t-elle un tel niveau que les personnes intelligentes seront interdites de toute réflexion afin de ne pas offenser les ignorants ? ». En voilà une question qu’elle est bonne dans une démocratie qui, manquant de vigueur, s’affaisse tous les jours sous les coups d’une conjuration d’imbéciles.

 

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