Démonstrateur : e-book musical

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… Comme à son habitude, Arianna laissa ses mains courir sur le clavier sans trop savoir ce qu’elle voulait jouer. Sa perception de la foule des invités lui laisser à penser qu’elle n’avait pas affaire à des mélomanes mais à des personnes qui souhaitaient simplement se rencontrer à l’occasion de ce cocktail. L’adolescente devinait qu’elle aurait en face d’elle des gens distraits qui appréciaient les performances plus que la musique en elle-même… sans trop réfléchir sur la difficulté du morceau, elle attaqua le vol du bourdon de Nikolaï Rimski-Korsakov, sidérant son chaperon. Cherchant dans sa prodigieuse mémoire les pièces les plus appropriées à l’instant, au public, elle continua sur une autre pièce de Rimski-Korsakov sans remarquer que les invités, d’abord curieux, venaient progressivement s’installer autour d’elle. Elle s’amusa à différentes variations. Autour d’elle les gens encore dans les salons se pressaient attirés par la puissance du Steinway, puis restaient plantés, fascinés par la dextérité de la jeune fille. Passant du classique au Jazz, Arianna se fit les dents sur une valse de Schubert plus lente et majestueuse avant d’attaquer une composition de Fauré, la Pavane, qui plaisait tant à sa mère. Les spectateurs médusés regardaient l’adolescente concentrée, les yeux fermés, apparemment inconsciente de la foule qui entrait maintenant à pas de loup dans le salon qui lui était réservé. Arianna ouvrit les yeux un instant pour apercevoir ceux qui se pressaient autour d’elle mais elle était ailleurs, dans sa musique, intouchable. Elle enchaîna sur la grande valse brillante de Chopin, l’image de sa professeure de danse à l’esprit. Déjà des invités plus audacieux que d’autres se formaient en couple pour esquisser quelques pas de valse. Arianna malicieuse se prenant au jeu décida de les entrainer encore et encore dans un festival de musique dansante. Sans transition, elle attaqua la valse n°2 de Dmitri Shostakovich qu’elle s’était amusée à travailler pour l’occasion. Les morceaux s’enchainaient les uns après les autres, lents nostalgiques ou vifs et diaboliques qui faisaient danser les pieds des plus récalcitrants.

 

 

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