Je constate beaucoup de craintes autour des restrictions que nous, les enfants gâtés de la modernité, allons devoir subir pour soutenir l’Ukraine. Ce sera toujours moins cruel que de recevoir des bombes sur la tête et puis faisons confiance à l’imagination de nos contemporains et, ne l’oublions pas, à l’expérience de nos ainés pour limiter la casse.

Au lieu de blé on donnera des glands, des déchets alimentaires, des châtaignes à nos cochons, et chouette … cela va obliger des éleveurs à abandonner l’élevage intensif et libérer des truies emprisonnées, en cage durant toute leur vie. Et chouette encore, cela va redémarrer les châtaigneraies et les cultures du maïs et du tournesol sur des terrains en jachère. Au lieu du gaz, on reviendra aux plaques chauffantes électriques d’après-guerre pour la cuisine, et aux radiateurs modernes ou à nos poêles à granulés lorsque ce sera possible. On élargira les aides à l’investissement des panneaux solaires et des pompes à chaleur en France.

Voilà qui devrait obliger nos gouvernants à revoir les prix et les taxes sur l’électricité pour bloquer les prix du KW/H, peut-être même à envisager des primes pour accélérer la transition du gaz vers l’électrique. Même topo pour les voitures, en poursuivant encore la politique des primes à l’électrification du parc des voitures, y compris en facilitant la transformation des véhicules à essence traditionnels et en les rendant obligatoires partout où cela est possible pour les flottes de véhicules des collectivités locales. Voilà du « grain » à moudre pour nos constructeurs, pour nos mécanos.

On offrira des aides aux ménages qui veulent passer au méthanol ou à l’éthanol. On apportera des aides aux agriculteurs ou aux collectivités locales qui souhaitent produire leur propre gaz naturel. On relancera d’urgence tous les projets de production d’énergies propres, des applications de l’hydrogène dans les processus industriels, qui s’endorment dans les cartons pour cause de bureaucratie. On réinventera le gaz de bois qui tourne déjà dans certaines régions européennes. On accélèrera les mises en place des filières de récupération des déchets organiques, des métaux et des matières premières névralgiques afin de les recycler au bénéfice de nos industries. On favorisera les procédés de fabrication les moins consommateurs d’énergie comme pour le ciment et on y substituera des modes de production plus économes en énergie. Bien sûr, en attendant on poursuivra la maintenance du parc nucléaire et plutôt que d’espérer à court terme de nouvelles centrales classiques on accélèrera autant que possible la mise en route de micros centrales pour lesquelles la France a déjà un excellent savoir-faire.

Nous sommes TOUS invités à faire preuve de créativité au lieu de pleurnicher de façon indécente alors que des millions de gens sont menacés de mort et d’emprisonnement sous le régime d’une dictature impitoyable Au fond, à y bien réfléchir, le choc de civilisation qui nous attend devrait être une incroyable occasion de nous remettre en question et de nous réinventer. Bref, il nous faudra réaliser eu un ou deux ans, ce que nous n’avons pas su faire en 20 ans ! Écolos ou pas : positivons !

 

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A propos de l'auteur

Denys

Denis Ettighoffer, est un des spécialistes français reconnus dans l’étude projective de l’impact des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Ses nombreux livres sont autant de contributions à la réflexion sur les évolutions des sociétés, des modèles économiques et organisationnels. Sa spécificité réside dans sa capacité à analyser le présent, pour en extraire les orientations économiques et sociétales stratégiques pour les décennies à venir. Le voilà lancé dans une aventure comme il les aime, être reconnu à la fois par son imagination (pas le plus dur !) mais aussi comme un bon artisan de l’écriture romancée ( et ça c’est pas gagné !)

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