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L’Amérique de Trump est gangrénée par un mal profond. Elle est passée de la raison à la croyance. Sous la pression des évangélistes, sous l’avalanche des « faxes news », sous la pression des réseaux sociaux et de ses complotistes, toute raison brisée par l’ère du mensonge assumé par des dirigeants irresponsables, la société américaine est en train de perdre les pédales ! En Amérique actuellement « on ne sait pas, on ne sait plus : on croit ! »

La société américaine de par ses origines est encore considérée comme relativement pieuse. On y prête serment sur la bible et on récite encore des psaumes dans certaines écoles. Dans l’homme qui perdait les mots je fais parler un franciscain qui s’adresse à des jeunes séminaristes.  Notre pasteur considère que le mal profond de la génération actuelle c’est la peur qui imprègne toutes les sociétés qui les coupent de toute bienveillance, de toute capacité à négocier, à communiquer, à aimer, à avoir confiance. Cette confiance refusée est la racine de tous les conflits. Pour ce dernier cette peur omniprésente est le fruit de siècles d’un conditionnement entretenu par des clercs et la classe supposée savante. Mauvaises gens, politiques, journalistes, médiateurs pastoraux et vicieux de tous bords qui utilisent l’angoisse ancestrale pour jeter les hommes les uns contre les autres.

Les inventeurs des sorcières de Salem[1] sont toujours parmi nous qui façonnent et manipulent les réalités du monde ! On croit la terre plate, on croit aux élucubrations des pasteurs de l’apocalypse, à une société secrète qui dirige le monde. Pour nombre de ces « croyants » la création du monde commence au début du récit biblique, pour d’autres le Darwinisme est une aberration de la raison.

La nature était généreuse même en dehors de l’Éden. Par contre apprendre à entretenir ses champs, inventer des outils, protéger ses cultures, apprivoiser des animaux et bien d’autres choses encore, ne s’est pas fait sans mal. Et pour cela, voyez-vous, il faut beaucoup de connaissances, dépenser beaucoup de peine, faire de nombreuses erreurs. Pourtant des esprits simples, des hommes frustrés n’ont plus confiance en la connaissance qui nous libère et nous amène à faire de nous l’ordonnateur du monde réel. Nos écrans sont envahis de belles phrases, de magnifiques promesses qui inclinent à la paresse intellectuelle. Hier l’effort était physique. Aujourd’hui il est mental. Le fruit promis désormais est celui du laissez aller : prenez des vacances, des loisirs, prenez aux uns ou aux autres, on s’occupe du reste. Gardons à l’esprit cette question posée dans les années 1100 par le philosophe arabe Averroès[2]: « Si la foi est respectable, doit-elle obscurcir la raison ? » Averroès vivait à Cordoue. Ce musulman érudit et pieux a passé sa vie à se battre contre les mécréants de son époque. Au risque de sa vie, il tentait d’éviter que la foi en Allah ne devienne un dogme refusant une approche rationnelle des mystères du monde. Le père franciscain avait alors conclut avec cette phrase terrible :  Il a perdu. Des fanatiques religieux ont pris le pouvoir par la violence et la manipulation des ignorants. C’est encore vrai aujourd’hui, n’est-ce pas ?

Denys Detter alias Denis Ettighoffer « L’homme qui perdait les mots »

[1] Les sorcières de Salem font allusion à une série de procès en sorcellerie célèbres de l’histoire l’Amérique du Nord. Entre février 1692 et mai 1693 dans des villages du Massachusetts proches de Salem ils entraînèrent l’arrestation d’une centaine de personnes et l’exécution de quatorze femmes et de six hommes.

[2] Ibn Rochd de Cordoue connu en Occident sous son nom latinisé d’Averroès, est un philosophe, théologien, juriste et médecin musulman andalou de langue arabe du XIIe siècle, Il est considéré comme l’un des plus grands philosophes de la civilisation islamique. Dans son œuvre, comme chez les chrétiens, Averroès met l’accent sur la nécessité pour les savants de lutter contre le fanatisme religieux en étudiant la nature créée par Dieu. Il oppose la rationalité à la foi. De ce fait, il pratique et recommande les sciences profanes, notamment la logique et la physique, en plus de la médecine ce qui lui vaudra d’être accusé d’hérésie.

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A propos de l'auteur

Denys

Denis Ettighoffer, est un des spécialistes français reconnus dans l’étude projective de l’impact des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Ses nombreux livres sont autant de contributions à la réflexion sur les évolutions des sociétés, des modèles économiques et organisationnels. Sa spécificité réside dans sa capacité à analyser le présent, pour en extraire les orientations économiques et sociétales stratégiques pour les décennies à venir. Le voilà lancé dans une aventure comme il les aime, être reconnu à la fois par son imagination (pas le plus dur !) mais aussi comme un bon artisan de l’écriture romancée ( et ça c’est pas gagné !)

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